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04/04/25

Tonton Outdoor

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Te Araroa Trail : la traversée de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande - Tonton Antoine

Te Araroa Trail : la traversée de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande - Tonton Antoine

Je suis parti en Nouvelle-Zélande un peu sur un coup de tête, après un échec scolaire. J’avais besoin de bouger, de prendre l’air, de m’éloigner. Alors j’ai bossé quelques mois pour mettre un peu d’argent de côté, j’ai demandé un visa vacances-travail, et huit mois plus tard, j’atterrissais à Auckland, sans trop savoir ce que j’allais y faire.

 

Au début, j’ai enchaîné les petits boulots, mais je ne trouvais pas de vrai sens à ce voyage. J’étais venu pour améliorer mon anglais, profiter du visa, bosser un peu. Mais je sentais qu’il manquait quelque chose. Et puis un jour, je rencontre quelqu’un qui préparait le Te Araroa Trail. Le nom ne me disait rien. J’ai commencé à me renseigner, j’ai écouté un podcast… et là, plus aucun doute : j’étais venu pour ça.

 

Me lancer sans être prêt pour une randonnée longue distance

Je ne me suis pas vraiment préparé. Physiquement, j’étais loin d’être au top. Trois années d’études où le sport était au placard… Je n’avais pas non plus une grande expérience de la rando en solo. J’avais juste fait cinq jours avec des potes dans les Pyrénées avant de partir, un test qui m’a donné envie d’aller plus loin. 

 

Je ne visais pas forcément l’intégralité du Te Araroa. En fait, je n’avais que deux mois devant moi. Je me suis donc concentré sur l’île du Sud, qui fait environ 1300 km. Mais je voulais marcher chaque kilomètre, même quand ça passait par des routes. Pas question d’accepter un coup de voiture, même si certains proposaient gentiment. Je voulais le faire sans assistance, du début à la fin.

 

J’ai terminé le parcours en 53 jours, avec cinq jours de repos au total. Je marchais en moyenne dix heures par jour. Pas vraiment de pause à midi : je préférais grignoter en marchant pour ne pas casser le rythme.

 

 

Équipements essentiels pour marcher 1300 km

Mon sac, au départ, n’était pas le bon. J’avais mal choisi, mal réparti le poids. Je l’ai changé à mi-parcours. J’avais aussi pris plein de choses inutiles, faute d’expérience et de budget. Sur le chemin, j’ai croisé des randonneurs adeptes de l’ultralight. Clairement, c’est vers ça que je m’orienterai à l’avenir. Moins de confort, mais plus d’efficacité.

 

Il faut dire que le terrain n’est pas tendre. Le Te Araroa Trail traverse le centre montagneux de l’île du Sud. C’est souvent technique. Certaines portions sont vraiment sauvages. Il faut régulièrement traverser des rivières ou marcher dans l’eau. Autant dire que les chaussures imperméables ne servent pas à grand-chose. J’avais opté pour des chaussures de trail pour ce trek, et je ne regrette pas. Mais il faut être prêt à avoir les pieds mouillés en permanence.

 

J’ai commencé le trek fin décembre, en plein été austral, et terminé mi-février. Même à cette période, la météo est imprévisible. J’ai eu de tout : des pluies, des vents violents, des chaleurs écrasantes, des nuits glaciales en altitude. Il faut s’attendre à tout, même en été. Mention spéciale aux sandflies de Nouvelle-Zélande, ces petits moucherons qui peuvent ruiner une journée entière à eux seuls. Surtout pour les pieds...

 

Le corps prend cher, mais il s’adapte

Dès le troisième jour, j’ai dû faire une pause. J’étais épuisé, mes pieds me faisaient atrocement mal. J’ai planté ma tente dans un petit camping et, par chance, j’ai passé le Nouvel An avec quelques randonneurs. Ça m’a reboosté. Le lendemain, j’ai filé à la pharmacie du village pour acheter du strap. J’ai strappé mes pieds tous les matins pendant un moment, jusqu’à ce que mon corps commence à s’habituer.

 

Le plus dur, finalement, ça a été la bouffe. Les trois premières semaines étaient compliquées. Il y avait très peu de ravitaillement. J’avais préparé des colis que j’envoyais dans les points de passage, mais les portions que j’avais prévues ne suffisaient pas. J’avais tout simplement sous-estimé mes besoins.

 

Mais malgré tout ça, je n’ai jamais vraiment pensé à abandonner. Bien sûr, il y a eu des jours très compliqués. J’ai haï mon genou plus d’une fois. Mais chaque soir, une fois dans le duvet, je pensais déjà au lendemain. Je me fixais un objectif quotidien, et si j’avais encore de l’énergie, je poussais un peu plus loin.

 

 

La solitude, cette richesse

Ce que je retiens le plus, c’est cette sensation d’isolement total. Parfois, on part pour cinq jours sans croiser un village. Et pourtant, ce n’est pas pesant. Au contraire. On apprend à se satisfaire de pas grand-chose : un coin plat pour la tente, un rayon de soleil, un petit ruisseau frais.

 

Les paysages sont d’une variété incroyable. On commence par des côtes, un peu comme chez nous dans le Morbihan, puis on traverse des forêts, des vallées, des montagnes arides. Certaines ont des roches rouges ou vertes, d’autres sont boisées, luxuriantes. Les sommets ne dépassent pas les 2000 mètres, mais ils ont un caractère unique, brut, parfois hostile, souvent sublime.

 

J’ai croisé peu de monde. Le Te Araroa est encore relativement peu fréquenté. J’ai quand même retrouvé certaines têtes plusieurs fois. Chacun a son histoire, sa manière de faire le trek, mais on partage tous cette même volonté d’avancer.

 

Un souvenir gravé : la Rangitata River

S’il y a bien un moment que je n’oublierai jamais, c’est la traversée de la Rangitata River. Il y a deux rivières sur l’île du Sud qu’on est censé contourner : la Rakaia, infranchissable, et la Rangitata, un peu plus ambiguë. Beaucoup sautent la portion entre les deux, considérée comme courte et logistique. Mais à mes yeux, c’était la plus belle partie du trek. Sauvage, désertique, sans un touriste.

 

J’ai mis deux jours à la traverser. La deuxième journée, il faisait une chaleur de fou, plus de 40°C ressentis. À la fin, j’étais sec comme jamais. J’ai sauté dans une rivière pour boire, c’était l’eau la plus réconfortante que j’aie jamais bue.

 

Le lendemain, j’ai pris la décision de traverser la Rangitata. J’avais discuté avec d’autres randonneurs qui venaient dans l’autre sens, les conditions météo étaient bonnes depuis plusieurs jours. La rivière, ce n’est pas juste un cours d’eau : c’est un lit large de 8 km, rempli de pierres, de bois morts, avec des bras d’eau au milieu. J’ai trouvé un passage, j’ai mis les pieds dedans, j’ai senti le courant, le poids du sac. C’était pas la meilleure idée du monde, mais j’en garde un souvenir extraordinaire.

 

 

Quelle sera ma prochaine aventure ?

Une fois le Te Araroa terminé, je ne me suis pas arrêté là. Avec un ami, on est partis en Australie. À l’époque, seuls les Néo-Zélandais pouvaient entrer, et l’idée de rentrer en France en pleine période post-covid ne nous enchantait pas. On a traversé l’Australie à vélo, plus de 6000 km en passant par la Tasmanie. C’était un projet autour de l’accès à l’eau potable. On a lancé une collecte pour Charity Water. 

 

Aujourd’hui, une autre aventure me trotte dans la tête : rejoindre le Kirghizistan à vélo depuis la France. C’est loin d’être fait, mais c’est là, dans un coin de ma tête.

 

Ce que je retiens

Si je devais le refaire, je partirais avec un meilleur sac à dos de randonnée, un t-shirt en mérinos plutôt que mes vieux t-shirts de sport qui empestaient, et beaucoup moins de matos. Mais je ne regrette rien. Chaque erreur m’a appris quelque chose. 

 

Le Te Araroa, c’est une aventure encore peu connue, loin des circuits touristiques, loin des treks surpeuplés. On y va pour les paysages, pour la nature brute, pour soi. Et si vous hésitez, dites-vous juste que j’étais loin d’être sportif à l’époque. Mais le corps s’adapte, chaque jour un peu plus. Il suffit d’en avoir envie.

 

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